Webflow se loue : 15 $ par mois pour un site vitrine, 25 $ dès qu'il vous faut un blog, facturés en dollars tant que le site existe. WordPress s'installe : le logiciel est gratuit, l'hébergement coûte quelques euros par mois, et l'entretien est à votre charge. Le vrai sujet n'est pas la technologie : c'est de savoir si votre site continue d'exister le jour où vous arrêtez de payer.
Je vous pose les deux colonnes du tableau, chiffres officiels relevés le 8 août 2026, sans militantisme : la différence de fond, le coût réel sur 3 ans, qui possède quoi, ce qui se passe si vous partez, et dans quel cas chacun des deux est le bon choix.
Webflow et WordPress : quelle différence, concrètement ?
Webflow est un service tout-en-un par abonnement : l'éditeur visuel, l'hébergement et la gestion du contenu vivent sur les serveurs de Webflow, et le site reste en ligne tant que l'abonnement tourne. WordPress est un logiciel libre (son code est public et gratuit) que l'on installe chez l'hébergeur de son choix : vous payez l'hébergement, jamais le logiciel.
La nuance a l'air technique, elle est en réalité immobilière. Webflow se loue, WordPress se possède : presque tout le comparatif découle de cette phrase. D'un côté, un appartement meublé avec gardien, charges comprises et bail sans fin. De l'autre, une maison à vous, avec la chaudière à entretenir.
Côté poids sur le marché, il n'y a pas photo : un peu plus de 41 % des sites web du monde tournent sous WordPress (mesure W3Techs, été 2026). Concrètement, ça veut dire que n'importe quel prestataire, dans n'importe quelle ville, sait travailler dessus, et que vous n'êtes jamais coincé avec quelqu'un. Webflow reste un outil d'agences et de studios : excellent en design, mais rare, surtout en France.
Une précision qui évite bien des confusions : je parle ici de WordPress.org, la version que l'on installe soi-même. WordPress.com, l'offre par abonnement du même écosystème, est un produit différent, avec les contraintes d'un service loué. Les deux noms se ressemblent, les deux modèles n'ont rien à voir.
Combien coûtent vraiment Webflow et WordPress sur 3 ans ?
Pour un site vitrine de TPE, l'abonnement Webflow revient à 540 $ sur 3 ans en plan Basic (15 $ par mois, facturés à l'année), et à 900 $ en plan Premium (25 $ par mois), obligatoire dès que vous voulez un blog : le plan Basic n'inclut pas le CMS (l'outil qui gère les contenus dynamiques). Côté WordPress, le logiciel coûte 0 € et un hébergement mutualisé sérieux se trouve à 5,99 € HT par mois hors promotion, soit 215,64 € HT sur 3 ans (offre Perso d'OVHcloud, nom de domaine offert la première année).
| Poste | Webflow | WordPress auto-hébergé |
|---|---|---|
| Logiciel | Inclus dans l'abonnement | 0 € (logiciel libre, wordpress.org) |
| Hébergement | Inclus : plan Basic 15 $/mois ou Premium 25 $/mois, facturés à l'année, en dollars US | Ex. OVHcloud Perso : 5,99 € HT/mois hors promotion |
| Nom de domaine | À prendre en plus chez un registrar | Offert la 1re année chez OVHcloud, payant ensuite |
| Blog / contenus dynamiques | Plan Premium obligatoire (25 $/mois) | Inclus nativement |
| Boutique en ligne | Plans e-commerce de 29 à 212 $/mois, 2 % de commission au 1er palier | Extension WooCommerce gratuite, configuration à prévoir |
| Maintenance et sécurité | Incluses dans l'abonnement | À votre charge : mises à jour, sauvegardes, en temps ou en forfait prestataire |
| Total 3 ans, hors création | 540 $ (Basic) à 900 $ (Premium) | 215,64 € HT d'hébergement + domaine dès la 2e année + temps de maintenance |
Tarifs relevés le 8 août 2026 sur webflow.com/pricing (affichés en dollars US, par site) et sur ovhcloud.com (HT). Je n'ai pas retenu les prix promotionnels de première année des hébergeurs : c'est le tarif de renouvellement qui compte sur 3 ans.
Deux pièges de lecture dans ce tableau. Un : Webflow affiche ses prix en dollars américains, par site, et le tarif mensuel mis en avant suppose un paiement à l'année ; au mois, c'est plus cher, et votre loyer varie avec le taux de change. Deux : aucune des deux colonnes n'inclut le poste principal, la création du site (design, textes, structure, référencement). Pour situer ce poste-là, j'ai détaillé les fourchettes du marché dans combien coûte vraiment un site pro en 2026.
Le 13 mai 2026, Webflow a refondu sa grille pour tout nouvel achat : les anciens plans CMS et Business ont disparu au profit d'un plan Premium unique. Les sites déjà abonnés, eux, gardent leur ancien tarif jusqu'à leur premier renouvellement à compter du 29 juin 2026 (source : centre d'aide Webflow). La plupart des comparatifs en ligne, écrits avant cette date, citent encore des prix qui n'existent plus. Si un devis vous parle d'un « plan CMS à 23 $ », il date : vérifiez toujours la page tarifs officielle avant de signer.
Qui possède le site, et qui peut le modifier au quotidien ?
Votre contenu vous appartient dans les deux cas : les textes, les photos, et votre nom de domaine si vous l'avez enregistré à votre nom. La différence porte sur le site lui-même. Chez WordPress, le code, la base de données et l'hébergement sont à vous, déplaçables où vous voulez. Chez Webflow, vous êtes locataire de l'infrastructure qui fait vivre votre site, et cette infrastructure ne se transfère pas ailleurs.
Être locataire n'est pas un défaut en soi ; c'est une position. Le bailleur peut réviser ses prix, réorganiser ses offres, imposer ses conditions, et votre seul levier est de partir, avec les frais que ça implique. La refonte tarifaire de mai 2026, décidée et appliquée par Webflow seul, en est l'illustration : les locataires n'ont pas voté. J'ai consacré un article entier à ce mécanisme : être propriétaire de son site, pourquoi c'est non négociable.
Et pour changer un texte, une photo, un tarif ?
Soyons honnêtes deux minutes : au quotidien, Webflow est agréable. Son éditeur de contenu est simple, cadré, et il est difficile d'y casser la mise en page. C'est un vrai confort pour un dirigeant qui met à jour ses tarifs le dimanche soir. L'administration de WordPress est plus puissante et plus touffue : bien construite, elle se pilote sans aucune compétence technique ; bricolée avec quarante extensions, elle devient une jungle. La qualité de votre quotidien dépend donc moins du logo sur la boîte que du sérieux de celui qui a monté le site.
Que se passe-t-il le jour où vous voulez partir ?
C'est la question que personne ne pose au moment de signer, et c'est celle qui départage vraiment les deux plateformes. Webflow permet d'exporter le code de vos pages en HTML, CSS et JavaScript statiques, et le contenu du CMS en fichiers CSV. L'export vous rend la vitrine, pas le moteur : les formulaires, la recherche interne, le blog dynamique et tout le back-office restent sur les serveurs de Webflow.
Conséquence pratique : quitter Webflow se budgète comme une refonte. Le site doit être reconstruit sur la nouvelle plateforme, page par page, avant d'y réinjecter le contenu. Rien de scandaleux, mais autant le savoir le jour de la signature plutôt que le jour du départ.
Côté WordPress, la migration est une opération de routine : le contenu s'exporte nativement, la base de données se copie, et changer d'hébergeur ou de prestataire est un service que tout le monde sait rendre. Vous pouvez vous fâcher avec votre webmaster et repartir avec votre site sous le bras : c'est toute la différence entre posséder et louer.
Par honnêteté, deux limites côté WordPress aussi. Un site assemblé avec un constructeur de pages propriétaire et un thème sous licence se migre moins proprement que du WordPress standard. Et dans les deux camps, le référencement ne survit au déménagement que si les adresses des pages sont conservées ou correctement redirigées.
La maintenance WordPress est-elle vraiment une corvée ?
Oui, c'est un vrai travail, et le camp Webflow n'invente rien en le rappelant. En 2025, 11 334 vulnérabilités ont été recensées dans l'écosystème WordPress, en hausse de 42 % sur un an, selon le rapport State of WordPress Security in 2026 de Patchstack. Mais le détail de ce chiffre change toute la conclusion : 91 % de ces failles viennent des plugins, et six seulement du cœur de WordPress. Six failles que Patchstack classe d'ailleurs en faible priorité.
Autrement dit, le logiciel est solide ; la porte d'entrée, ce sont les extensions qu'on empile. La parade tient en quatre habitudes, et aucune ne demande un développeur :
- Peu d'extensions, choisies parmi celles qui sont activement maintenues : chaque plugin installé est une porte de plus.
- Mises à jour appliquées régulièrement (le cœur, le thème, les extensions), en automatique quand c'est possible.
- Sauvegardes automatiques stockées hors du serveur, et testées de temps en temps : une sauvegarde jamais restaurée est un pari, pas une assurance.
- Un hébergeur sérieux, qui isole les sites entre eux et suit les versions de PHP (le langage qui fait tourner WordPress).
Comptez une petite heure par mois, ou un forfait de maintenance chez un prestataire. En face, Webflow inclut tout ça dans l'abonnement : pas de mises à jour, pas de plugins, pas de sauvegardes à gérer. C'est son vrai argument de fond, et pour un dirigeant qui n'a personne pour s'en occuper, il est parfaitement recevable. Vous payez simplement cette tranquillité tous les mois, au tarif décidé par le bailleur.
Alors, Webflow ou WordPress pour votre TPE ?
Les deux outils sont bons ; ils ne répondent pas à la même situation. Voici, sans langue de bois, dans quel cas je conseillerais chacun.
Webflow est le bon choix si :
- le design est au cœur de votre métier (studio, architecte, marque) et les animations soignées font partie de votre image ;
- une agence ou un freelance Webflow pilote le site dans la durée, car c'est un outil de professionnel, pas de débutant ;
- vous acceptez un loyer en dollars comme un coût de fonctionnement, sans besoin de modules métier (prise de rendez-vous, espace client, multilingue poussé).
WordPress est le bon choix si :
- vous voulez posséder votre site et pouvoir changer de prestataire ou d'hébergeur sans tout reconstruire ;
- votre activité a besoin d'extensions métier : réservation en ligne, devis, boutique, multilingue ;
- vous cherchez des coûts récurrents minimaux, maîtrisés, et un site capable de vivre des années.
Et pour être complet : un site vitrine de quelques pages n'a parfois besoin ni de l'un ni de l'autre. Un site codé sur mesure, sans CMS du tout, se contente d'un hébergement à quelques euros, n'a presque rien à maintenir et ne dépend d'aucune plateforme : c'est ce que je livre chez DevDream, en pleine propriété, dès 900 €.
Foire aux questions
Ce qu'il faut retenir
| Question | À retenir | Le piège à éviter |
|---|---|---|
| Le coût sur 3 ans | Webflow : 540 à 900 $ d'abonnement ; WordPress : environ 216 € HT d'hébergement (tarifs officiels du 08.08.2026) | Comparer les prix affichés sans compter la création, la devise ni le renouvellement |
| La propriété | WordPress : code et base de données à vous ; Webflow : infrastructure louée | Croire que « mon contenu m'appartient » suffit : le site, lui, reste chez le bailleur |
| Le départ | Export Webflow = pages statiques seulement ; WordPress se migre en routine | Découvrir les limites de l'export le jour où on veut partir |
| La maintenance | 91 % des failles WordPress viennent des plugins (Patchstack) : une hygiène simple suffit | Empiler les extensions puis abandonner les mises à jour |
| Le bon choix | Webflow avec un pro qui pilote ; WordPress pour posséder et évoluer | Choisir une technologie avant d'avoir posé la question de la dépendance |
Un dernier conseil de comparateur : ne choisissez pas une technologie, choisissez une position. Locataire tranquille ou propriétaire autonome, les deux se défendent, à condition de signer en connaissance de cause. Vous avez un devis Webflow et un devis WordPress sous les yeux et vous hésitez ? Envoyez-les moi, je vous donne un avis franc.
Fondateur de DevDream, l'atelier web & IA des artisans et TPE à Villeneuve-la-Garenne (92). Je crée des sites qui ramènent des clients depuis 2018 et j'automatise la paperasse des petites entreprises. Noté 5,0/5 sur Google (16 avis).
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